Nous démontrons chaque jour que le secteur minier artisanal et à petite échelle peut être intégrée dans des chaînes de valeurs responsables »
À l’occasion du Sommet sur la durabilité et l’approvisionnement responsable de la LBMA et du World Gold Council, qui se tient à Londres du 17 au 19 juin 2026 et dont OCIM sponsorise le déjeuner du 19 juin, Ivan Salas, directeur pays de Soleil Metals, la filiale péruvienne d’OCIM, évoque la réalité du terrain de l’or responsable au Pérou. Il est chargé du recrutement des mineurs, de l’exploitation des usines de traitement et du travail quotidien qui transforme l’or responsable d’un engagement en une opération de tous les jours.
Cette année, le Sommet a pour thème « Du dialogue à l’action ». Vous dirigez les opérations de Soleil Metals au Pérou, au plus près des mineurs et des usines de traitement. À quoi ressemble concrètement cette action sur le terrain ?
Pour nous, passer du dialogue à l’action signifie être présents sur le terrain et transformer les engagements en résultats concrets. Nous ne travaillons pas depuis un bureau à Lima, mais aux côtés des mineurs, dans les zones où l’or est produit.
L’action se traduit par la traçabilité, l’assistance technique, la formalisation, l’accès aux marchés internationaux et des normes environnementales plus élevées. Chaque tonne de minerai que nous traitons représente une occasion de démontrer que l’exploitation minière artisanale et à petite échelle peut être intégrée dans des chaînes d’approvisionnement responsables et transparentes.
Un mineur peut souvent vendre son or au même prix, voire à un prix plus élevé, à un acheteur informel qui ne demande aucun document. Pourquoi choisit-il Soleil Metals ?
Il nous choisit parce que nous offrons quelque chose de plus précieux qu’une simple transaction : nous offrons une relation à long terme.
Les mineurs qui travaillent avec Soleil Metals ont accès aux marchés internationaux, à des processus d’évaluation transparents, à des paiements fiables, à un soutien technique et à une voie claire vers la formalisation. De plus, ils savent que leur production peut atteindre des raffineries et des marchés qui reconnaissent la valeur de l’or issu d’un approvisionnement responsable. Le prix est important, mais la confiance, la stabilité et l’accès à l’avenir apportent une valeur considérable.
La confiance est longue à construire et rapide à perdre. Qu’est-ce qui pousse un mineur à rester et à en amener d’autres avec lui ?
La confiance se gagne en tenant parole chaque jour. Nos partenaires miniers savent qu’ils bénéficieront d’un traitement équitable, de règles claires et de processus transparents. Ils constatent que nous investissons dans des relations durables et que nous respectons nos engagements même dans des situations complexes. Lorsqu’un mineur recommande Soleil Metals à un autre, il ne recommande pas seulement une usine, mais une expérience fondée sur le respect, la transparence et la confiance.

Le mercure est présent dans tout le programme du Sommet. Le traitement artisanal repose souvent sur l’amalgamation au mercure, ce qui n’est pas votre cas. Qu’est-ce que cela change concrètement sur un site de Soleil Metals ?
L’élimination du mercure représente un changement profond tant pour les personnes que pour l’environnement. Dans nos usines, nous utilisons des procédés industriels qui nous permettent de récupérer l’or sans recourir à l’amalgamation au mercure. Cela réduit considérablement les risques sanitaires pour les travailleurs, prévient la contamination des sols et des eaux et améliore les conditions générales d’exploitation. Plus important encore, cela démontre qu’il est possible d’augmenter la productivité et la récupération métallurgique grâce à des technologies plus propres et plus responsables.
Aujourd’hui, Soleil Metals traite le minerai de mineurs indépendants. L’acquisition de vos propres concessions permettra d’étendre le modèle en amont, jusqu’à l’extraction. Qu’est-ce que cela changera et pourquoi est-ce la prochaine étape logique ?
Actuellement, Soleil Metals traite le minerai provenant de mineurs indépendants. L’acquisition de ses propres concessions minières permettra d’étendre le modèle jusqu’au premier maillon de la chaîne d’approvisionnement, c’est-à-dire jusqu’à l’extraction elle-même. Quels changements cela apportera-t-il ? Cela représente une opportunité de démontrer qu’une exploitation minière responsable peut être gérée de manière globale dès son origine.
Notre objectif n’est pas de remplacer les producteurs à petite échelle, mais de développer des opérations modèles où nous pourrons mettre en œuvre les normes les plus élevées en matière d’environnement, de responsabilité sociale, de sécurité et de traçabilité, depuis l’extraction jusqu’à l’exportation. Cela nous permettra de produire des preuves concrètes qu’une chaîne d’approvisionnement entièrement responsable et vérifiable est possible.
Si vous aviez un message à adresser aux banques, aux raffineries et aux institutions réunies cette semaine à Londres, celles qui décident quel or entre sur le marché formel, quel serait-il ?
Mon message serait simple : l’exploitation minière artisanale et à petite échelle ne devrait pas être considérée uniquement comme un risque, mais aussi comme une opportunité. Des millions de personnes dans le monde dépendent de cette activité. Si nous voulons des chaînes d’approvisionnement plus responsables, nous devons investir dans l’inclusion, la traçabilité et l’accès au marché, et non dans l’exclusion.
Lorsque les institutions, les banques, les raffineries et les producteurs travaillent ensemble, il est possible de transformer une activité historiquement informelle en un puissant levier de développement économique, social et environnemental. L’avenir de l’or responsable réside dans l’intégration de l’exploitation minière à petite échelle, et non dans son abandon.
